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Les 100 mots de la batellerie

Introduction :

La mutation linguistique dans la batellerie s'est faite en deux temps :
- La construction du réseau du Nord-Est de la France permet de relier la région parisienne au Nord de la France et à la Belgique avec la construction du canal de Saint Quentin sous le premier Empire.
- La canalisation des fleuves et des rivières permet l'approvisionnement de Paris et de ses industries. Le charbon du Nord de la France remplace celui du Centre.
Peu à peu, les mariniers du Nord remplaçaient ceux des autres régions. Cette prédominance est restée ce qui explique la forte consonance "Ch'ti" de ces mots.

Noms des bateaux de ce lexique : Automoteur, Barge, Bateau d'Arras, Bateau de canal, Bélandre, Bérrichon, Cast ou Casse, Chaland, Convois poussé, Flûte de Bourgogne, Flûte de l'Ourcq , Freycinet, Mignolle, Ardennais ou Meusien, Péniche, Pousseur, Remorqueur, Sapine, Spitz, Toueur , Trente mètres,

A fond : Se dit d'un bateau coulé.
Aiguille : Petite poutre que l'on appuie verticalement contre les fermettes d'un barrage pour l'obstruer plus ou moins complètement.
Amarre : Cordage servant à amarrer un bateau. On dit aussi collier.

Arrimage, Rempellage ou Rempalage : Action d'égaliser un chargement.
A sec : Se dit d'un bateau échoué.
Autieu, Otieu, Perche ou Gaffe : Perche en sapin de 8 à 12 mètres de long munie d'une fourche en fer à sa grosse extrémité et servant à bouter ou à écoire.
Automoteur : Bateau qui se déplace soi-même à l'aide d'un moteur. Aujourd'hui les automoteurs au gabarit Freycinet sont à tord appelés Péniches.
Avalant : Se dit d'un bateau descendant.
Avaterre : Rive où se trouve le chemin de halage.


Barge : Grand bateau plat pour la navigation sur le Rhône. Aujourd'hui, embarcations dépourvues de moyen de propulsion qui sont assemblées en train et qui sont soit poussées soit tractées.
Batardeau : Digue ou cloison provisoire pour mettre à sec un endroit pouvant s'immerger et où l'on veut travailler.
Bateau d'Arras : Péniche de 30 mètres de longueur, s'appelle aussi "30 mètres" ou "bateau bâtard".
Bateau de canal : Péniche de construction belge dont l'avant et l'arrière sont légèrement rentrés et protégés par une étrave très forte.
Bélandre : Nom donné aux péniches dans la région de Dunkerque et Calais.
Bérrichon : Petite bateau pointu à l'avant, carré à l'arrière jaugeant 90 tonnes pour desservir le Canal du Berry.
Bief : Espace compris entre deux écluses.
Bord d'hors ou bord dehors : Rive opposée au chemin de halage.
Boulard, Bitte ou Tabrin : Cylindre en bois ou en fonte servant à fixer les cordages. Le boulard d'axe à l'avant s'appelle généralement une bitte.
Bouter : Ecarter le bateau par la perche de la rive quand il marche.
Bricole : Voir à Tire.


Cabestan ou Vaque : Treuil vertical à barre horizontale pour hâler le bateau sur de petites distances par l'enroulement d'un câble.
Cabinet : Chambre à coucher de la cabine.
Canal : Voie navigable artificielle.
Carapata : Pilote de seconde ordre aidant généralement un marinier malade ou âgé dans la conduite d'un bateau de canal.
Cast ou Casse : Grand chaland pointu en fer aménagé pour la navigation sur le Rhin et la Meuse.
Chaîne : Chaîne de traînage d'environ 30 mètres de longueur pour ralentir la marche du bateau.
Chaland : Grand automoteur qui circule sur les voies à grands gabarit comme la Seine ou le Rhin.
Claire voie : Capot vitré permettant à la lumière de pénétrer dans la cabine par le dessus. Il est généralement protégé par un grillage.
Clapet : Vanne d'une conduite passant dans le bajoyer pour remplir ou vider une écluse en prenant ou chassant l'eau dans l'axe de l'écluse ou sous le fond du bateau.
Convois poussé : Ensemble formé d'un pousseur et d'une ou plusieurs barges.
Corde d'ancre : Câble en chanvre d'environ 200 mètres se fixant sur l'ancre.
Courbage : Ensemble des courbes d'un bateau formant la structure inférieure du bateau.
Crapaudine : Trou dans lequel on oriente le pivot d'une porte d'écluse.
Crochet d'amarre : Crochet en forme de C que l'on passe dans un câble et dans sa boucle pour amarrer une corde.


Doublage : Doublure en bois pour recevoir le suintage de l'eau d'hivers ou du goudron d'été.


Echelle de jaugeage : Planche métallique ou peinte graduée, placée de chaque côté du bateau pour en déterminer le tonnage par rapport à son immersion.
Eclie : Se dit d'un bateau dont les bois se sont disjoints par la chaleur et la sécheresse.
Ecoire : Perche tenant le bateau éloigné de la berge pour éviter un échouage.
Ecoppe : Grande cuiller en bois servant à l'épuisement de l'eau contenue dans la cale du canot.
Ecoutilles : Panneau plat ou cintré servant à fermer la cale du bateau.
Ecluse : Ouvrage hydraulique permettant de faire passer un bateau d'amont en aval (ou inversement) sur un cours d'eau.
Eclusée ou Bassinée : Contenu en bateau d'une écluse.
Elingue : Cordage que l'on passe autour d'un fardeau pour le soulever.
Embarber : Action de placer l'avant d'un bateau de telle sorte qu'il évite l'avant d'un autre bateau venant en sens inverse ou stationnant.
Episser : Assembler deux bouts de corde en entrelaçant les torons qui les composent.
Esclin de tinette : Petit cordage fixé à l'anse de la tinette pour puiser de l'eau.
Etalage : Action d'étaler.
Etaler : Ralentir la marche d'un bateau au moyen d'une corde ou d'une petit perche.


Fanal : Grosse lanterne avec réflecteur servant à éclairer l'avant du bateau et les berges.
Fausse éclusée ou Fausse bassinée : Se dit d'un sassement sans bateau.
Fermette : Charpente métallique d'un barrage pouvant se replier à volonté suivant que l'on veut relever ou abattre le barrage.
Flottaison : Niveau de l'eau sur la bordaille du bateau.
Flûte de Bourgogne : Bateau de 38 m 50 X 5 mètres, carré à l'avant et pointu à l'arrière desservant les canaux du Centre.
Flûte de l'Ourcq : Petit bateau de 2m 50 de largeur sur 28 mètres de longueur portant environ 80 tonnes et desservant le canal de l'Ourcq.
Fond : Plan inférieur du bateau.
Freycinet : (Charles de Saulces de ) 1828-1923. Homme politique français. Président du Conseil à quatre reprise entre 1879 et 1892, il attacha son nom à un programme de grands travaux (voies navigables et voies ferrées). L'harmonisation de la taille des écluses au gabarit de 38.5 X 5.05 donna le gabarit Freycinet. C'est aussi le nome donné aux automoteurs qui ont la taille suivante : 38 x 5 mètres.


Gaffe : Nom généralement donné à une perche ferrée.
Gabarit : Dimension réglementaire d'un objet, en particulier d'un véhicule. Une péniche avait le gabarit maximum de 38.5X5.05, C'est à dire celui des écluses.


Hauban : Câble en acier muni de tendeurs empêchant le mat de plier sous l'effort de côté.
Haut lève : "Faire haut lève" ou avancer un bateau en faisant passer la corde de halage au-dessus d'autres bateaux stationnés ou venant en sens inverse.
Huis dormant : Ecoutille fixe.


Jeter bas : Laisser tomber l'ancre à l'eau pour s'arrêter.


Ka ou Grappin : Genre de crochet à 3 ou 4 branches destiné à rechercher des objets perdus au fond de l'eau.


Macaron ou Roue de gouvernail : Roue munie de poupée servant à manœuvrer le treuil de gouvernail.
Marquise : Espèce d'auvent en bois pour protéger le marinier de la pluie ou du soleil.
Masse d'écluse ou Bajoyer : Mur latéral d'une écluse.
Mât de charge : Perche ayant un pivot au pied du mât et reliée par un petit câble à l'extrémité du même mât, permettant au marinier de se rendre à terre en se suspendant à l'extrémité de cette perche en l'orientant vers la berge.
Mât de canal ou petit mât : Mât plus petit que la mât de rivière permettant le halage dans une voie étroite.
Mignolle, Ardennais ou Meusien : Bateau de 38m. X 5 mètres ayant l'avant et l'arrière en forme de jonque, construit pour la navigation sur la Meuse.


Nager : Se servir de la pageotte pour gouverner le bateau.


Oreille de mât : Support en bois à l'extrémité arrière du mât-claire destiné à basculer le mât.


Pageotte : Grand aviron d'une douzaine de mètres de long servant à faire avancer légèrement le bateau sur le courant.
Palot : Pelle en bois servant à la manutention des céréales.
Péniche : Embarcation fluviale originaire du Nord de la France dépourvue de moteur fixe.
Pertuis ou Passe : Partie d'un barrage sur laquelle on peut passer des bateaux lorsque les aiguilles sont enlevées.
Pied : Petite cabine généralement démontable servant de cuisine l'été.
Pied de mât : Partie inférieure du mât sur laquelle sont fixés les contrepoids.
Pige : Mesure en bois graduée en centimètre servant à métrer un bateau.
Platine à glace : Bande de tôle que l'on pose l'hivers sur l'avant du bateau pour protéger la coque des glaces.
Poite : Compartiment à l'avant du bateau pour y mettre, en général, les outils, les lanternes ou les boissons…ou le matelot.
Pont d'écurie : Passerelle servant à la mise à bord ou à terre des animaux de halage.
Porte-fanaux : Pied en fer placé à l'avant du bateau sur lequel on fixe les fanaux.
Porte de garde : Porte d'écluse unique destinée à empêcher la vidange d'un bief ne se terminant pas par une écluse.
Poteau de trématage : Disque placé à quelque distance d'une écluse marquant la limite permise pour le trématage.
Poupée : Petit pièce en bois sur laquelle on y amarre un petit cordage.
Pousseur : Bateau à moteur servant uniquement de force motrice pour des embarcations dépourvues de moteur comme des barges.



Radier ou Busc : Maçonnerie immergée supportant les portes d'une écluse.
Rame : Aviron de canot.
Réa : Poulie à gorge.
Remorque : Câble d'acier généralement de 16 à 18 millimètres de diamètre servant à haler le bateau en convois.
Remorqueur : Bateau qui tire une ou plusieurs péniches.
Reu : Logement à l'arrière du bateau.
Riquet : (Pierre Paul de) 1604-1680. Ingénieur français. Il construisit le canal du Midi ou de Deux Mers (1666-1681), qui relie la Méditerranée à l'Atlantique.
Roilette : Petite bande de chêne mince sur chaque côté d es écoutilles pour protéger les rebords.


Saquer : Action de tirer le bateau à bras d'homme.
Sapine : Petit bateau à fond plat, construit en sapin qui descendait La Loire du Morvan vers Nantes et qui était déchiré à la fin de son voyage.
Sas : Espace fermé par les portes et les murs d'une écluse et s'emplissant d'eau.
Sassement ou Eclusage : Action de sasser.
Sasser : Faire franchir une écluse à un bateau.
Semaque : Voile du bateau destinée plutôt à obstruer une voie d'eau.
Se pecher : S'amarrer.
Spitz : Bateau en fer à l'avant et à l'arrière légèrement ovoïde, spécial à la navigation de l'Escaut et du Bas-Escaut.


Tabernacle : Cavité close aménagée dans la partie supérieure du bateau pour conserver les cordages.
Tillac : Plancher de la cale du bateau.
Tirant d'air : Hauteur comprise entre la partie inférieure du tablier d'un pont et le niveau de l'eau sous ce pont. Hauteur la plus grande du bateau prise au-dessus de la flottaison.
Tirant-d'eau : Enfoncement d'un bateau.
Tirant ou Ridoir : Tendeur à vis.
Tire : Large sangle que l'on passe dans l'épaule et sur laquelle on attache un trelle pour haler un bateau à bras d'homme.
Toueur : Remorqueur qui se déplace par traction sur une chaîne immergée ou sur un câble qui s'enroule sur un tambour d'un treuil porté par le bateau.
Trématage : Action de trémater.
Trémater : Dépasser un bateau allant dans la même direction.
Trente mètres : Bateau de 30 mètres sur 5 de large pour aller sur certains canaux comme celui du Nivernais.


Vanne : Ouverture dans la partie inférieure d'une porte d'écluse pour remplir ou vider le sas.
Veules : Pont avant et arrière d'un bateau.
Vrac : Marchandise qui n'est pas emballée ou conditionnée.


Wagure : Double coque destinée à empêcher la marchandise d'absorber l'humidité.

Bibliographie :

Dictionnaire technique de la batellerie de Georges Wattiau, in. Les Voies Navigables, 1953-1954.
Dictionnaire encyclopédique Larousse, 1986.