Monuments Historiques du Val d'Oise (95)
Définition
Historique de la protection
Mesures de protections
Sommaire
Liste des Monuments Classés dans le 95
Politiques dans le 95
Conclusion
Photos et Dessins
Savoir +

Historique de la prise de conscience de l'indispensable protection des bâtiments au 19ème siècle.

- La Loi matérialise une prise de conscience qui est apparue bien avant 1887. De nombreux Monuments étaient en passe de devenir des "chefs d'œuvres en périls". La Loi n'a été possible que parce qu'un système politique a pu, à l'inverse de ses prédécesseurs, imposer cette protection au bénéfice du public, autrement dit de la Nation. Il y a donc un Avant et un Après La Révolution Française de 1789.

-Avant la Révolution la préservation n'est pas primordiale car le patrimoine architectural est avant toute chose un patrimoine familial et privé. Les châteaux de La Loire sont des biens royaux et pas nationaux.

- A la Révolution, l'Abbé Grégoire veut combattre le "vandalisme" (il invente ce mot) des "fanatiques" qui désirent faire disparaître les vestiges de l'Ancien Régime, comme par exemple par des destructions de statues dans et sur les églises… Il est le père de la notion de Patrimoine National pour montrer que ces monuments sont maintenant à la Nation, en entendant par là que c'est le peuple qui les paya et les construisit. En 1793 est crée le Musée des Monuments Français. Ce musée, par certains côtés pittoresque, existe encore. Il se trouve au Trocadéro.
L'Abbé Grégoire fait donc une distinction entre, d'une part, la propriété et l'usufruit d'un bâtiment et d'autre part la beauté d'un bâtiment qui est à tout le monde. C'est un peu la différence qu'il peut y avoir entre l'intérieur et l'extérieur du dit bâtiment. Cela explique en grande partie pourquoi dans la conservation d'un Monument c'est le plus souvent la façade et la toiture qui sont concernées.

- Après la Révolution Française deux éléments vont conduire à une organisation autour du thème des "Monuments Historiques".
- La "Révolution Industrielle" qui s'accélère met en péril les anciennes constructions des villes et des campagnes. Les usines, les voies de chemins de fer, l'augmentation de la population des villes pour ne citer que ces facteurs occupent de plus en plus d'espace et à tendance à faire table rase du passé.
- L'apparition du Romantisme dans les années 1820-1830 apporte un regard nouveau sur le passé et l ' Histoire réelle ou rêvé du pays. Le Moyen Age revient une période de prédilection pour les arts . Par exemple Victor Hugo publia en 1831 Notre Dame de Paris. A la même époque les "Temps Antédiluviens" deviennent également à la mode(Cuvelier, Abbevillien…)

Les mentalités changent. Les infrastructures mutent. Le législateur et le pouvoir exécutif vont accompagner ces mouvements.
En 1830, à l'occasion du Rapport Guizot, un Inspecteur Général va parcourir les départements pour dresser un état des lieux des Monuments en France. En 1830 ce fut Ludovic Vitet. De 1834 à 1860 Prosper Mérimée occupe cette fonction. Dès 1837 les préfets vont devoir établir une liste et classer (d'où l'origine du "classement") par ordre d'importance les monuments se trouvant dans leur département. Ils doivent également indiquer les sommes nécessaires pour les conserver ou les remettre en état. Donc à l'origine, le Classement des Monuments Historiques et du ressort du Ministère de l' Intérieur. Il n'est donc pas encore question de décentralisation au niveau départemental.
En octobre 1841 une liste de 1034 monuments "pour lesquels des secours ont été demandés" a été dresser. Cette liste n'est pas le fruit d'une commission ou d'une équipe d'architectes spécialisés. Viollet le Duc, connu en France pour ses travaux sur Notre Dame ou Carcassonne sera nommé en 1840.
Cette liste est donc arbitraire et empirique. Il n'y a pas alors, et toujours pas depuis, de critères objectifs pour dire qu'un monument est Historique ou non, qu'il faille ou non le classer.

Historique du "Classement":

La loi du 30 mars 1887, qui est le premier texte législatif relatif au Monuments Historiques vise la conservation des immeubles qui du point de vue de l'Histoire ou de l'Art présentent un " intérêt national".
En 1905 à l'occasion de la Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat une nette accélération du classement est apparue car de nombreuses églises, qui risquaient de se trouver à l'abandon, furent alors protégées au titre des " Monuments Historiques ".
La Loi du 31/12/1913 complète la Loi de 1887. L'Etat peut désormais classer d'office un monument même si son propriétaire s'y refuser.
Le classement et l'inscription (terme qui apparaît en 1913) sont pris selon les cas, par décret, arrêté ministériel ou arrêté préfectoral. La Loi ne donne toujours aucune définition de principe du Monument Historique. Elle ne fait allusion ni à la nature ni à l'ancienneté de l'immeuble.
L'article 1 stipule :"Les immeubles dont la "conservation présent au point de vue de l'histoire ou de l'art un intérêt public sont classés comme monuments historiques en totalité ou en partie. C'est ainsi que dans, il faudrait dire plutôt sur, certains monuments des parties importantes ne sont pas classées. La notion "d'Inventaire Supplémentaire" (1913 modifiée en 1927) est encore plus vague : "Les monuments qui présentent "un intérêts artistique suffisant pour en rendre désirable la préservation" sans justifier une demande de classement peuvent être inscrits sur un inventaire. L'autre nouveauté de la Loi de 1913 c'est qu'elle ne concerne plus le bâtiment à protéger pour lui même mais elle le considère dans son environnement bâti ou non. Elle considère le "champs de visibilité" d'un monument classé dans le périmètre maximum de 500 mètres alentours. Un bon exemple est donné par le "vieux pays" de Goussainville au nombreuses maisons murées situées autour de son église du 16ème siècle. A cette notion de site, la Loi de 1983 ajoute le concept de Z.P.P.A.U.P : Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager.