Guide des guides
COMPIÈGNE

Agglomération 67 057 habitants

Historique de la ville
Origines - Jeanne - Louis XV - Les Guerres (14/18 - 39/45)
le palais
Le Parc
musée du Second Empire
Musée national de la Voiture et du Tourisme
Hôtel de ville
Musée de la Figurine historique
Église St-jacques
Tour de Beauregard
Musée Vivenel
CLAIRIÈRE DE L'ARMISTICE
Forêt de COMPIEGNE

 

Résidence royale avant d'être le témoin des brillantes fêtes et réceptions du Second Empire, Compiègne est bordée par l'une des plus belles forêts françaises. Vivifiée par l'appoint de l'industrie et de l'université (université de technologie Benjamin Franklin, Centre de recherche de Royallieu), Compiègne est devenue l'une des villes les plus actives de Picardie.

PAGES D'HISTOIRE DE FRANCE

Origines :

Charles le Chauve fait bâtir un palais sur le modèle de celui de Charlemagne à Aix-la-Chapelle, échu à son frère Louis, lors du partage de l'Empire carolingien, au traité de Verdun, en 843. Il fonde aussi une abbaye qui conserve, à partir du 10ème s., les reliques de saint Corneille. Compiègne se développe autour de cette abbaye royale St-Corneille (seul son châpitre du 14ème s. subsiste) qui précède St-Denis comme nécropole royale et foyer de culture. Au 13ème s., la ville s'entoure de remparts. Charles V les renforce et leur ajoute, en 1374, un château qui est à l'origine du palais.

Jeanne d'Arc prisonnière :

En mai 1430, les Bourguignons et les Anglais campent au Nord de l'Oise, sous les murs de Compiègne. Jeanne d'Arc vient examiner la situation de la place et y revient après quelques jours d'absence, le 23, en pénétrant dans la ville par le Sud. Le soir même elle tente une sortie, franchit la rivière et chasse les avant-gardes bourguignonnes du camp de Margny, mais des réserves accourent de Clairoix et de Coudun. Les Anglais, partis de Venette, se glissent le long de l'Oise et prennent les Français à revers. Ceux-ci se replient précipitamment. La Pucelle, qui a couvert la retraite avec quelques hommes, arrive devant les fossés au moment où le pont-levis vient d'être redressé par le gouverneur qui redoute de voir les ennemis se glisser dans la place avec les derniers combattants. Une courte mêlée s'engage. Un archer picard désarçonne Jeanne d'Arc qui est aussitôt mise hors de combat et faite prisonnière. Sa capture s'est située vers l'actuelle place du 54ème Régiment d'Infanterie, sur laquelle a été érigée une statue équestre de la Pucelle, par Frémiet.

Le château de Louis XV :

Tous les rois se plaisent à Compiègne et y viennent souvent. Avec ses quatre corps de logis entourant, de guingois, une cour centrale, le château ne peut passer pour une demeure de plaisance. Louis XIV a ce mot : " À Versailles, je suis logé en roi, à Fontainebleau en prince, à Compiègne en paysan ". Il se fait construire de nouveaux appartements face à la forêt. Ses soixante-quinze séjours s'accompagnent de fêtes fastueuses et surtout de grands camps militaires, le plus important ayant été celui de 1698, dernier séjour du roi à Compiègne.
Quand Louis XV ordonne, en 1738, la reconstruction totale du palais, il désire moins rivaliser avec son prédécesseur qui a tant bâti que disposer d'un logis où il puisse résider avec sa Cour et ses ministres. Jacques Gabriel, puis Jacques-Ange Gabriel, limités par la ville et ses remparts, sont obligés de reconstruire sur les anciennes fondations. De plus, ils ne peuvent détruire un ancien bâtiment que lorsqu'un nouveau est achevé, le roi refusant d'interrompre ses visites durant les travaux. Le " grand plan " de Louis XV, établi en 1751, est arrêté par la guerre de Sept Ans. Louis XVI le reprend et fait exécuter des travaux considérables bien qu'incomplets. En 1785 seulement, il occupe le nouvel appartement royal, qui sera celui de Napoléon 1er. La même année, l'aile Sud est terminée. Marie-Antoinette, qui en avait personnellement dirigé la distribution, le décor et l'ameublement, ne l'a jamais habitée. Devant la façade du palais donnant sur le parc, une grande terrasse est aménagée, reliée aux jardins par un perron central monumental Elle remplace le fossé de l'enceinte de Charles V.
De 1789 à 1791 l'aménagement se poursuit, au ralenti, le roi ayant un moment nourri le projet de se retirer à Compiègne. En 1795, tout le mobilier est dispersé lors de ventes aux enchères qui dureront 5 mois.

Aménagements divers - Après la Révolution, le palais est affecté à un prytanée militaire, puis à une école d'Arts et Métiers. En 1806, il devient maison impériale et Napoléon 1er le fait entièrement restaurer par l'architecte Berthaut, les frères Dubois et Redouté, décorateurs, le peintre Girodet.

Le château des mariages - Le 14 mai 1770, c'est en forêt de Compiègne que le dauphin Louis, le futur Louis XVI, est mis pour la première fois en présence de Marie-Antoinette d'Autriche. Lejeune prince est paralysé par la timidité.
Le 27 mars 1810, la petite-nièce de Marie-Antoinette, Marie-Louise d'Autriche, qui a épousé Napoléon Ier par procuration, doit arriver à Compiègne. Cette fois l'époux est impatient. L'Empereur, malgré la pluie battante, se précipite à sa rencontre. Trempé, il saute dans le carrosse princier et couvre Marie-Louise, effarée, de démonstrations d'affection. L'étape de Soissons où devait dîner la princesse est brûlée et l'Empereur et sa compagne soupent à Compiègne. Quelques jours plus tard, les cérémonies nuptiales de St-Cloud et de Paris ne sont que la consécration d'une union imposée à Vienne et fort bien acceptée à Compiègne.
En 1832, Louis-Philippe, qui a transformé le jeu de paume en théâtre, marie sa fille Louise-Marie au premier roi des Belges, Léopold de Saxe-Cobourg.

Les " séries " du Second Empire - Compiègne est la résidence préférée de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie. Ils y viennent chaque année un mois à un mois et demi pour les chasses d'automne et reçoivent, outre les rois et princes d'Europe, en cinq " séries " d'environ 80 personnes chacune, les célébrités de l'époque, groupées par affinités. Le logement des invités pose souvent de grands problèmes et bien des personnalités doivent se contenter de chambres situées dans les combles.
La chasse, les soirées théâtrales, les représentations de proverbes et les tableaux vivants, les bals laissent peu de loisirs aux invités. Les intrigues amoureuses se mêlent aux intrigues politiques. Un après-midi pluvieux, pour distraire le couple impérial et ses invités, Mérimée compose sa fameuse dictée où il accumule les difficultés. L'impératrice commet le maximum de fautes, 62, Pauline Sandoz, belle-fille de Metternich, le minimum, 3. Un luxe et une légèreté sans limite grisent les courtisans avec les valses de Waldteufel et les longues promenades en forêt. 1870 interrompt cette viejoyeuse et les travaux du nouveau théâtre. Conséquence de ces longs séjours : le mobilier du Premier Empire est en grande partie renouvelé.

Les deux guerres mondiales - En 1917-1918, le palais est le quartier général de Nivelle, puis de Pétain. En 1919, un incendie endommage une grande partie des appartements royaux. Les armistices du 11 novembre 1918 et du 22 juin 1940 ont été signés dans la forêt. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Compiègne est très éprouvé par les bombardements. Royallieu. faubourg Sud de Compiègne, servit, de 1941 à 1944, de centre de triage vers les différents camps de concentration nazis (monument commémoratif devant l'entrée du camp militaire ainsi qu'en gare de Compiègne).

LE PALAIS (visite : 2 h) :

Tel qu'il se présente extérieurement, vu de la place, le palais est, paradoxalement, " un château Louis XV presque totalement élevé de 1751 à 1789 ".
Le château, qui couvre un vaste triangle de plus de 2 ha, est d'une sévérité classique son ordonnance régulière est assez monotone. Mais la décoration intérieure, la collection de tapisseries et l'ameublement du 18ème s. et du ler Empire retiendront l'attention des visiteurs. À signaler, parmi les détails décoratifs donnant une certaine unité aux appartements, les trompe-l'oeil de Sauvage (1744-1818), en dessus-de-porte.
Les musées du Second Empire et de la Voiture sont installés dans le palais.
Commencé en 1867, le nouveau théâtre, dû à Napoléon III, ne fut jamais achevé, à cause de la guerre de 1870. Une association s'est créée en 1 987 dans le but de le réhabiliter et de l'animer. C'est ainsi que le Théâtre impérial, dont l'architecture intérieure est inspirée de celle de l'Opéra de Versailles, est devenu un lieu vivant consacré aux concerts et aux spectacles lyriques.

Les appartements historiques
Après avoir traversé les salles d'attente consacrées à l'histoire du château et être passé au pied du Grand degré de la Reine ou escalier d'Apollon, qui desservait directement les appartements de la reine, on arrive au vestibule ou galerie des Colonnes qui précède l'escalier d'honneur. On monte celui-ci qui est orné d'une belle rampe en fer forgé du 18ème s. - sur le palier, un grand sarcophaage gallo-romain, qui servit de cuve baptismale dans l'église abbatiale St-Corneille disparue, est une relique du très vieux Compiègne - pour aboutir au Ier étage à la grande salle des Gardes (1785). L'antichambre ou salon des Huissie qui fait suite commandait simultanément l'accès de l'appartement du Roi (à gauche) et de l'appartement de la Reine (à droite).
Une grande dénivellation existe entre la cour d'honneur, qui vient d'êtres contournée, et le grand corps du bâtiment du château. Celui-ci a été érigé sur, l'ancien rempart, les appartements des souverains sont donc au rez-de-chaussée côté jardin et donnent de plain-pied sur la terrasse, tandis qu'ils forment un premier étage du côté cour.

Appartement du Roi et des Empereurs - Ensembles, oeuvres et souvenirs remarquables.

Salle à manger de l'Empereur - Décor et mobilier Second Empire. Sur les murs en faux onyx rosé se détachent les pilastres et les portes surmontées de grisailles peintes par Sauvage. Du même peintre, remarquer l'extraordinaire trompe- l'oeil du grand tableau représentant Anacréon. C'est là que, le 11, mai 1814, Louis XVIII reçut à sa table le tsar Alexandre qui hésitait encore à replacer les Bourbons sur le trône de France. Sous le Second Empire, le théâtre intime y était dressé et les familiers de l'impératrice y jouaient revues et charades.

Salon des cartes - Après avoir été l'Antichambre des Nobles sous Louis XVI, puis le salon des Grands Officiers sous Napoléon Ier cette pièce fut désignée comme salon des Aides de camp ou salon des cartes sous Napoléon III. Le mobilier mêle les éléments du Premier Empire (chaises couvertes en tapisseries de Beauvais) et des éléments du Second Empire. Remarquer les jeux : palet, billard japonais.

Salon de famille - Ancienne chambre à coucher de Louis XVI (l'alcôve est dissimulée par de grandes glaces). La vue sur le parc s'étend tout au long de la perspective des Beaux Monts.
Le mobilier rappelle les goûts de l'impératrice Eugénie pour les mélanges de styles : fauteuils Louis XV, petits sièges de fantaisie à deux places (" confidents "), à trois places (" indiscrets "), etc.

Salle du Conseil - Elle a perdu son mobilier, sauf la table, restituée, Avec Versailles et Fontainebleau, Compiègne était le troisième château où le Roi tenait conseil. Les représentants de la République de Gênes et de la France signèrent, là, deux traités successifs (1756 et 1764) accordant aux troupes françaises le droit de tenir garnison dans les places maritimes de la Corse. Une immense tapisserie illustre le Passage du Rhin par Louis XIV.

Chambre de l'Empereur - Elle a été restituée telle qu'elle était sous le Premier Empire, frise représentant des aigles et mobilier de Jacob-Desmalter.

Bibliothèque de l'Empereur - Autrefois Grand cabinet du Roi, cette pièce a été aménagée en bibliothèque sous le Premier Empire. Le corps de bibliothèque et le mobilier proviennent de l'atelier de Jacob-Desmalter ; plafond peint par Girodet.

Appartement de l'impératrice - Le premier appartement de la Reine - le seul dans lequel Marie-Antoinette séjourna - fut surtout le domaine des impératrices Marie-Louise et Eugénie.

Salon du Déjeuner - Ce ravissant salon " du petit déjeuner ", tendu de soieries bleu clair etjonquille, a été installé pour Marie-Louise en 1809.

Salon de musique - L'une des pièces préférées de l'impératrice Eugénie qui en assembla le mobilier. Les meubles Louis XVI, provenant de l'appartement de Marie-Antoinette à St-Cloud, rappellent que la dernière souveraine de France entretenait le souvenir de l'infortunée reine.

Chambre de l'impératrice - Des rideaux de soie blanche et de mousseline brodée d'or entourent le lit à baldaquin. Peintures de Girodet représentant les saisons et au centre du plafond l'Étoile du matin. Le boudoir rond qui s'ouvre sur la chambre, construit aussi pour Marie-Louise, servait de salle d'atours et de bains.
Les trois derniers salons de cette enfilade composent un ensemble décoratif du Premier Empire. Dans le grand salon, on a disposé les sièges " à l'étiquette " autour d'un canapé. Le salon des Fleurs doit son nom à huit panneaux peints de liliacées, d'après Redouté. Dans le salon bleu, contraste entre le bleu des murs et des sièges et les rnarbres rouges de la cheminée et des consoles. Ces pièces furent à la fin du Second Empire le domaine du prince impérial.
Salle à manger del'Impératrice -Pièce de dimensions modestes, aux murs revêtus de stuc-marbre couleur caramel ou, plus noblement, "jaune antique ". Là eut lieu le premier repas de l'archiduchesse Marie-Louise en compagnie de l'Empereur.

Galerie des chasses de Louis XV - Exposition de tapisseries tissées aux Gobelins à partir de 1735 d'après les cartons d'Oudry. L'une d'elles représente un épisode de chasse au bord de l'Oise avec les silhouettes de Compiègne et de l'ancienne abbaye de Royallieu.
La série se poursuit dans la galerie des Cerfs, ancienne salle des gardes de la Reine, puis de l'impératrice.
Galerie du Bal - Construite en quelques mois pour l'arrivée de Marie-Louise en éventrant deux étages de petits appartements, elle mesure 39 m de longueur sur 13 m de largeur. Les peintures du plafond glorifient les victoires de l'Empereur. Les scènes mythologiques en bout de salle sont dues à Girodet. Sous le Second Empire la galerie servit de salle à manger lors des " séries ", les souverains présidant au centre d'une immense table dressée pour la circonstance.

Galerie Natoire - Édifiée par Napoléon III pour mener au grand théâtre de la Cour (construit de l'autre côté de la rue d'Ulm mais jamais achevé), elle est décorée par l'" histoire de Don Quichotte ", peintures de Natoire (1700-1777) sur le mode héroïque, qui ont servi à Beauvais pour les tapisseries conservées aujourd'hui au musée des Tapisseries à Aix-en-Provence.

Salle Coypel - Présentation d'une seconde suite de l'histoire de Don Quichotte (1714-1734) destinée aussi à être traitée en tapisserie par les Gobelins. L'histoire est illustrée par Coypel, sur le mode badin.

Chapelle - Étonnamment petite pour un si vaste château - la grande chapelle prévue dans le plan de Gabriel n'ayant jamais été construite -, elle est l'œuvre du Premier Empire.
Là eut lieu le 9 août 1832, dans l'émotion d'une famille très unie, le mariage de la princesse Louise-Marie, fille ainée de Louis-Philippe, avec Léopold 1er roi des Belges. La princesse Marie d'Orléans, deuxième fille du roi des Français, donna le dessin du vitrail.

Appartement double de Prince et appartement du roi de Rome

Appartement double de Prince - Destiné par Napoléon ler à loger un couple de souverains étrangers, c'est un bel exemple de restitution d'ensembles Empire (mobilier d'origine, papiers peints, soieries) composé d'une salle à manger, de quatre salons, d'une grande chambre à coucher.
Appartement du roi de Rome - Appartement du fils de Napoléon II, qui y séjourne un mois en 1811 (il avait alors cinq mois), il a été restitué tel qu'il se trouva à cette époque avec tout son mobilier d'origine (salon-boudoir, salle de bain boudoir, chambre à coucher, premier salon). Au milieu de l'appartement, une pièce a été restituée dans son état de la fin du 18ème s. (salon de jeux de la reine Marie-Antoinette).

Musée du Second Empire :

Dans l'ambiance feutrée d'une suite de petits salons, le musée donne de nombreuses images de la Cour, de la vie mondaine et des Arts sous le Second Empire.

A la suite de la première salle, consacrée aux dessins humoristiques de Daumier, les collections font une place aux " beautés " de l'époque. La princesse Mathilde (1820-1904), l'une des grandes figures du règne, y est à l'honneur. Cette cousine très proche de Louis-Napoléon lui avait été un moment fiancée. Après le mariage espagnol, elle se consacra à son salon de la rue de Courcelles, fréquenté par tout ce qui comptait alors en fait d'écrivains et d'artistes, mëme hostiles au pouvoir, et à son château de St-Gratien. Le musée possède le fameux tableau de Winterhalter représentant l'impératrice et sa corolle de dames d'honneur (1855).
Parmi les nombreuses sculptures de Carpeaux présentées dans les dernières salles, voir le buste de Napoléon, vieilli après la chute de l'Empire, et la statue du prince impérial avec son chien.

Musée de l'impératrice - Collection léguée par M. et Mme F. Ferrand. Outre les souvenirs de la vie officielle et de l'empire et les bibelots populaires, des vitrines rassemblent les objets les plus émouvants de l'impératrice Eugénie et de son fils, le prince impérial, massacré par les Zoulous.


Musée national de la Voiture et du Tourisme :

Le musée fut créé en 1927 sur l'initiative du Touring Club de France. Aucun carrosse authentique des anciens équipages royaux n'a été conservé en France, La collection de voitures anciennes comprend surtout des berlines (voitures montées sur un train à deux brancards, plus sûres que l'attelage à flèche unique) de voyage ou d'apparat.

Grand Hall - Dans l'ancienne cour des cuisines couverte sont exposées une cinquantaine de voitures : une berline de voyage des rois d'Espagne, la plus ancienne (vers 1740) : la berline qui, à Bologne, servait au pape et celle où Bonaparte fit son entrée dans la ville en 1796 : des voitures de voyage du 18ème et du 19ème s. dont l'une a fait partie des équipages de Napoléon en Russie; les coupés de voyage du duc d'Angoulême pour la campagne du Trocadéro et du maréchai Maison ; mail-coach, char à bancs, omnibus Madeleine-Bastille, coupés d'Orsay et berlines de gala, dont celles de Napoléon III et du président de la République.
A la collection s'ajoutent : la mancelle de Bollée de 1878 et une diligence à vapeur du même constructeur, véhicule étonnant par sa silhouette qui ne permet guère de l'imaginer sans chevaux, une autochenille Citroën de la Croisière noire (1924), le wagon-salon de Napoléon III (Compagnie du Nord) servant à ses déplacements entre Paris et Compiègne.

Cuisines et dépendances - Les offices présentent l'évolution des " deux-roues depuis les pesantes draisiennes de 1817 que l'on lançait à force de coups de pied sur le sol. Les pédales firent leur apparition avec le vélocipède Michaux (1863). Le grand-bi, construit en tubes de fer, grandit démesurément la roue avant pour accrccitre la vitesse.

Avec la transmission à chaîne, qui apparaît sur le tricycle anglais, le "développement" rend inutile cette disproportion ; grâce à lui, vers 1890, la bicyclette est devenue possible. L'Armée elle-même s'en saisit, mettant au point le vélocipède pliant à la veille de 1914.

Dans les anciennes grandes cuisines du palais, l'exposition permet de suivre l'évolution de la voiture automobile, depuis la voiture à vapeur de De Dion et Trépardoux, jusqu'à la torpédo Sigma-Ballot de Guynemer (1914). dont la silhouette marque déjà l'effort vers la vitesse. Entre ces deux pièces : la Panhard n, 2, la première voiture équipée d'un moteur Daimler à 4 temps, le vis-à-vis de Bollée fils (1895) de la course Paris-Marseille (en Beauvaisis), la série des De Dion-Bouton, le break automobile (1897) de la duchesse d'Uzès, la première femme conducteur, la Jamais contente de 1899, montée sur pneus Michelin, qui atteignit, la première, la vitesse de 1 00 km/h, la petite 4 CV Renault de 1900, la première en date des conduites intérieures. Moteurs à vapeur, à explosion, électriques, sont là, témoignant de l'opiniâtreté des chercheurs et des créateurs de l'industrie automobile.

1er étage - Les salles sont affectées à une présentation de voitures étrangères cabriolets hollandais et italiens, charrette sicilienne, palanquin, traîneaux, habits de postillon, etc.


Le Parc :

Trois avenues formant patte-d'oie conduisaient à la forêt. Le Petit Parc, dont la grille principale d'entrée se trouve à gauche, en tournant le dos à la ville, comprend l'ensemble desjardins. Le Grand Parc l'entoure et fait partie de la forêt.

Petit Parc - Franchir le fossé qui, avec les terrasses longitudinales plantées de tilleuls, était à l'avènement de Napoléon le seul vestige des jardins à la française prévus par Gabriel.

L'empereur ayant donné la consigne " de lier, le plutôt possible, le château avec la forêt, qui est le véritable jardin et qui constitue tout l'agrément de cette résidence ", le mur de clôture qui fermait la perspective, du côté des bois, fut abattu et remplacé par une grille. Au-delà, la trouée de l'avenue des Beaux-Monts trace une magnifique perspective de 4 km, qu'une " gloriette " aurait pu clore, pour mieux rappeler Schônbrunn à la jeune épousée.
Impatient d'accéder à la forêt sans faire le détour par la ville, Napoléon fait aménager une rampe centrale pour les voitures entre la terrasse et le parc, au prix de la destruction du perron monumental de Gabriel. Dès lors le Petit Parc, replanté à l'anglaise, perd de son importance. Sa physionomie actuelle date du Second Empire.

AUTRES CURIOSITÉS

Hôtel de ville :

Ce remarquable édifice a été bâti sous Louis XII dans le style gothique finissant. Il a été restauré au siècle dernier. Les statues de la façade datent de cette époque.Elles représentent, de part et d'autre de la statue équestre de Louis XII et de gauche à droite, en regardant l'édifice : saint Denis, Saint Louis, Charles le cardinal Pierre d'Ailly, né à Compiègne, et Charlemagne.

Le beffroi comprend deux étages et une flèche d'ardoises flanquée de quatre clochetons. Au bas de la flèche se trouvent, habillés en lansquenets suisses de l'époque François 1er, trois personnages appelés " Picantins ". Ils sonnent les heures et les quarts.
Deux pavillons ont été accolés à l'ancien bâtiment, lors de sa restauration.




Musée de la Figurine historique :

Dans l'hôtel de la Cloche à droite de l'hôtel de ville.
Comptant plus de 100 000 figurines en étain, plomb, bois, matière plastique, papier et carton, plates, en ronde bosse ou demi-ronde bosse, ce musée offre une intéressante rétrospective de l'évolution du costume et une évocation des faits historiques à travers les âges. La présentation dans une salle sombre éclairée uniquement par la lumière des vitrines-dioramas permet au visiteur de contempler tout à loisir les différentes scènes. Remarquer plus particulièrement " La revue des troupes françaises à Betheny " en 1901 devant le Tsar de Russie et le Président Loubet (12 000 figurines réalisées par A. Silhol qui avait lui-même participé au défilé) ; " La bataille de Waterloo " (oeuvre de Charles Laurent exécutée de 1905 à 1923) complétée par une présentation audiovisuelle, " Le retour des cendres de l'Empereur " avec les vétérans des guerres napoléoniennes.

Église St-jacques :

Elle se signale par sa tour du 15ème S. la plus haute de la ville, accolée à la façade par un angle. St-Jacques était la paroisse du roi et de la Cour, d'où les dépenses faites au 18ème S.. pour rhabiller le choeur de marbres et pour gainer de boiseries les bases des piliers de la nef.
Le choeur, avec son étroit triforium illuminé par une claire-voie, et surtout le transept du 13ème s. gardent néanmoins l'harmonie du gothique au temps de Saint Louis. Un déambulatoire fut ajouté au 16ème s.
Dans le croisillon gauche, une Vierge à ]'Enfant, en pierre, du 13ème s., " Notre-Dame aux pieds d'argent " à, fait l'objet d'une grande vénération.
Dans une chapelle du bas-côté gauche, trois statues en bois polychrome du 15ème s. proviennent du calvaire qui surmontait la poutre de gloire.

Tour de Beauregard :

Ancien donjon royal ou " Tour du gouverneur " effondré, sur l'emplacement du palais de Charles le Chauve, c'est un témoin de la funeste sortie de Jeanne d'Arc par le vieux pont St-Louis, le 23 mai 1430 .

Musée Vivenel :

C'est le musée municipal de Compiègne, installé dans l'hôtel de Songeons. Agréable demeure, des premières années du 19ème s., dont le jardin est devenu parc public.
Le rez-de-chaussée est consacré à l'Antiquité : marbres et bronzes grecs et romains, céramiques antiques parmi lesquelles il faut signaler un remarquable ensemble de vases grecs découverts en Étrurie et en Italie du Sud (" Grande Grèce "), sculptures et objets funéraires égyptiens (animaux sacrés momifiés) datant pour la plupart du Nouvel Empire (1580 à 1085 avant J.-C.) et de l'époque saïte (663 à 525 avant J.-C.).
Outillages, armes et objets divers provenant de fouilles, toujours très actives dans la région depuis les campagnes lancées par Napoléon III, évoquent les civilisations successives de nos ancêtres, de la préhistoire à la fin de la période gallo-romaine ; trois casques en tôle de bronze datant d'environ 600 ans avant J.C. méritent une attention particulière. Dans la salle du sanctuaire gaulois de Gournay-sur-Aronde, deux grandes vitrines présentent des armes et objets en fer ainsi que des ossements d'animaux sacrifiés rituellement.
Les salons et cabinets du 1er étage ont conservé leurs lambris Directoire. Ils réunissent les collections de peinture (grand retable de la Passion, par Wolgemut, le maître de Dürer), céramiques (pichets en " grès des Flandres ", majoliques italiennes), ivoires, émaux limousins, etc.

CLAIRIÈRE DE L'ARMISTICE (6 km - visite: 1 h) :

Le site a été aménagé en clairière, à l'endroit où existait l'épi de voies, construit pour l'évolution de pièces d'artillerie de gros calibre, qu'avaient emprunté le train spécial du maréchal Foch, commandant en chef des forces alliées, et celui des plénipotentiaires allemands. Les voies étaient greffées sur la ligne CompiègneSoissons à partir de la gare de Rethondes. Des rails et des dalles marquent l'emplacement des rames, encadrant la date commémorative.
Le 7 novembre 1918 était arrivé le train particulier du maréchal Foch.
Le 8 novembre, aux premières heures du jour, arrive le train amenant de Tergnier les négociateurs allemands. A 9 h, ils sont reçus dans le wagon-bureau de Foch. Les Allemands ayant pris place à la table de conférence, le général Weygand, chef d'état-major, va chercher le maréchal. Celui-ci arrive et salue :
- À qui ai-je l'honneur de parler ?, demande-t-il.
- Aux plénipotentiaires envoyés par le Gouvernement germanique, répond Erzberger, chef de la mission. Il tend au commandant en chef les lettres de crédit de la délégation. Foch se retire pour les examiner. Ceci fait, il revient et, sans s'asseoir, questionne :
- Quel est l'objet de votre visite ?
- Nous venons recevoir les propositions des Puissances alliées pour arriver à un armistice sur terre, sur mer et dans les airs, répond Erzberger.
- Je n'ai pas de propositions à faire, réplique Foch. Oberndorff, le diplomate, intervient :
- Si Monsieur le Maréchal le préfère, nous pourrons dire que nous venons demander les conditions auxquelles les Alliés consentiraient un armistice.
- Je n'ai pas de conditions ! Erzberger lit alors le texte de la note du président Wilson disant que le maréchal Foch est autorisé à faire connaître les conditions de l'armistice.
- Demandez-vous l'armistice ?, reprend alors le maréchal. Si vous le demandez, je puis vous faire connaître à quelles conditions il pourrait être obtenu. Oberndorff et Erzberger déclarent qu'ils demandent l'armistice. Weygand donne alors lecture des conditions, une heure durant (il faut faire traduire le document). Tous l'écoutent sans mot dire. Trois jours sont accordés pour l'examen des propositions.
Le général von Winterfeldt, le seul militaire de la délégation allemande, sollicite une suspension des hostilités pendant le délai consacré à l'étude du projet d'armistice. Foch la refuse. Le 10 au soir, un message radiophonique allemand autorise les plénipotentiaires à signer l'armistice. Vers 2 h du matin, les Allemands reprennent place dans le wagon du maréchal et, à 5 h 1/4, la convention est signée ; elle prend effet le même jour à 11 h.Dans la matinée, le maréchal Foch va lui-même à Paris annoncer l'heureuse nouvelle à Raymond Poincaré, président de la République, et à Clemenceau, président du Conseil des ministres.
22 ans plus tard, le 14 juin 1940, l'armée allemande fait son entrée à Paris. Le 21 juin à 15h30, la délégation française d'armistice est reçue par Hitler et les dignitaires du régime dans le wagon même, replacé en plein air dans sa position de 1918. Les dirigeants se retirent et les représentants du haut commandement allemand transmettent à leurs interlocuteurs le document détaillé arrêté par le vainqueur de la bataille. La convention d'armistice est signée le 22 juin au soir.
La clairière et ses monuments sont dès lors saccagés par l'occupant, la statue de Foch étant seule épargnée.

Wagon du maréchal Foch
La voiture-restaurant historique, aménagée en wagon-bureau pour le maréchal Foch, reprit du service après l'Armistices. Elle fut exposée dans la cour de l'hôtel des Invalides de 1921 à 1927, puis placée dans un abri construit dans la clairière en 1927. Transportée à Berlin comme trophée en 1940, elle fut détruite en forêt de Thuringe en avril 1945. Elle a été remplacée, en 1950, par une voiture d'une série voisine.À l'intérieur est indiqué l'emplacement des plénipotentiaires. Les objets authentiques ayant servi aux délégués de 1918, mis à l'abri à temps, sont disposés à nouveau à leur place. Au fond de l'abri, une vaste salle est consacrée aux deux Armistices (11 novembre 1918 et 22 juin 1940) : journaux d'époque, documents originaux, photographies, mannequins militaires, vestiges du wagon authentique.

Forêt de COMPIEGNE :

La forêt domaniale de Compiègne (14 500 ha), vestige de l'immense forêt de Cuise qui s'étendait des lisières du Pays de France à l'Ardenne, séduit par ses hautes, futaies de hêtres, ses vallons, ses étangs, ses villages, ses magnifiques avenues. Le massif occupe une sorte de cuvette ouverte sur les vallées de l'Oise et de l'Aisne, Au Nord, à l'Est et au Sud, une série de buttes et de promontoires dessine un croissant aux pentes abruptes. Ces hauteurs dominent de 80 m en moyenne les fonds souvent sableux, où courent de nombreux rus. Le ru de Berne, le plus important, traverse un chapelet d'étangs.
1 500 km de routes et de chemins, carrossables ou non, sillonnent la forêt. François le, qui fit ouvrir les premières grandes percées, Louis XIV et Louis XV ont contribué à la création de ce réseau, permettant de suivre aisément les chasses. Trois équipages de chasse à courre animent encore l'ancienne terre de chasse des rois francs.

Les essences - Le hêtre (40 %), le chêne (30 %) et le charme (1 5 %) sont les essences les mieux représentées. Le hêtre, surtout, dresse des futaies sur le plateau Sud et son glacis, ainsi qu'au voisinage immédiat de Compiègne. Le chêne, très anciennement planté, prospère sur les sols argileux les mieux drainés et sur les Beaux Monts, le pin sylvestre, à partir de 1830, puis d'autres résineux sont tout indiqués dans les zones de sables pauvres, là où la chênaie resterait chétive