Dans le Val d'Oise il reste plus de 100 colombiers, principalement dans la cour de vastes fermes céréalières du Vexin et de la plaine de France. Au Moyen Age, la construction d'un pigeonnier était l'apanage du seigneur, laïque ou religieux. Au nord de la Loire, en pays d'Oil, seul le seigneur haut justicier avait le droit de colombage. Mais il pouvait concéder ce droit à des seigneurs ayant censive et un domaine d'au moins 50 arpents. A partir du 16ème siècle, bien des agriculteurs aisés obtiennent de leur seigneur le droit de construire un colombier. Le privilège féodal a été aboli à la Révolution et l'élevage des pigeons s'est raréfié au 19ème siècle à cause de l'identification de ce bâtiment à l'Ancien Régime et également grâce à l'arrivée des nouveaux engrais qui rendaient inutile ces oiseaux.


Avant que l'eau courante ne se généralise à domicile vers 1950, le lavoir a été un des endroits les plus vivants du village.
Depuis quand existe-t-il des lavoirs ?
Ce n'est qu'à partir des années 1820-1830 qu'une véritable politique de construction de lavoirs a été mené par les autorités. D'abord dans les villes, les gros bourgs puis les villages. La fin 19ème vit apparaître les bateaux lavoirs dont quelques uns possédaient une machine pour chauffer l'eau.
Architecture type :
Les lavoirs construite près d'une source permettaient des variations architecturales plus intéressantes que les lavoirs de bord de cours d'eau. Ils se composaient le plus souvent d'un bassin est deux parties, en maçonnerie, munie de vannes placées sur deux côtés opposés, l'une destinée à l'entrée de l'eau, l'autre à la sortie. Ce bassin est entouré d'une aire pavée, ses rebords sont formés par des dalles de pierres dures inclinées légèrement vers l'eau afin que l'on puisse frotter et battre le linge. Un toit protège les lavandières du soleil et de la pluie, les plus confortables sont fermés sur un ou plusieurs côtés pour former coupe-vent. La toiture, à une ou plusieurs petites en appentis, en bâtière ou avec croupes est portée par une ossature en bois ou par des poteaux en fonte. Elle est recouverte le plus souvent de tuiles mécaniques, nouveau matériaux pour l'époque et fort employé, car plus léger que la tuile plate, il permettait de faire des économies de charpente.


Les nouvelles activités nées de la " prè-industrialisation " ou l'évolution de la meunerie.
Le Vexin est privilégié par un réseau hydrographique particulièrement riche et bien réparti. Les moulins à eau seront jusqu'au 19ème siècle l'élément moteur de l'économie. Les moulins à vent se développeront très peu dans cette partie du département. Ce n'est pas le même cas de figure à l'Est de l'Oise sur des buttes comme à Sannois. A partir des 11ème et 12ème siècles, les moulins sont déjà installés sur la plupart des cours d'eau. L'essor démographique et économique du 12ème s'accompagne de nouvelles constructions, les petits rus nés au flanc des buttes forestières étant des sources d'énergie possibles, les moulins s'y maintiendront jusqu'à la première moitié du 20ème siècle. Ils changeront souvent d'utilisation au cours des siècles, s'adapteront aux nouvelles techniques, et serviront au 20ème siècle à créer une multitude de petites industries.

-La meunerie : L'une des grandes activités du Vexin au 18ème est la mouture des " blés "venus notamment de Picardie en
bateaux, convertis en farine par les moullins de Pontoise, de la Viosne, du Sausseron, et portés à la haille de Paris, à celle de St Germain en Laye ou à Rouen par l'Oise et la Seine.

Le 19ème siècle fut une période de mutations dans " l'art du meunier " et dans la conception du moulin. Alors que depuis deux siècles les nécessités alimentaires de la région parisienne avaient entraîné la multiplication des moulins à blé, le progrès permit de réduire leur nombre. Seuls continuèrent à " tourner et travailler " ceux qui avaient reçu les perfectionnements nécessaires à une production compétitive. Les moulins sur lesquels ne pouvaient être engagés de telles dépenses devinrent disponibles pour une multitude d'industries. Actuellement (1998), il reste un moulin en activité dans le Vexin à Chars.
-Moulin à tan : Il réduisait en poudre les écorces de jeunes chênes utilisées pour la préparation des cuirs. Cette industrie était implantée à Pontoise au 12ème siècle et à Magny (1668-1870).
-Moulin à drap : A Valmondois.
-Moulin à huile : A Frouville ou Valmondois. Ils fournissaient l'huile de table à partir des noix et des faînes (fruits du hêtre), ainsi que des huiles de lin, de chènevis, pour des usages domestiques.
-Moulin à papier : A Ableiges de 162O à 1663. Le papier était fait de chiffon et non pas de fibres de bois. A Louviéres, à Chaussy (établie en 1817, elle était mise en mouvement par le ru de Villarceaux et produisait des rames de papier gris pour les enveloppes de sucre et de chandelles).
-Moulin de forges et autres : Cela va de la féculerie, à la petit métallurgie en passant par l'électricité ou de la glace (à Vaimondois la glacière) . A Genainville, usine d'objets moulés en étain tels que salières, chandeliers à Vallangoujard, fabrique de grillages galvanisés, d'essieux à Seraincourt, clous et épingles, compas à Vienne, tire-bouchons dans l'ancien moulin banal de Magny... Cette réutillisation immédiate n'a rien d'étonnant. Dans la première moitié du 19ème siècle, l'énergie hydrolique offrait seule une certaine constance, une certaine fiabilité et un coût raisonnable. C'est ainsi qu'à Bray et Lu, les laminoirs de zinc de La Vieille Montagne (La tuile métallique) qui sont toujours en activité, ont remplacé le moulin attesté depuis le 14ème. Cette implantation a profondément modifié le site, le boug rural devenant une petite cité industrielle. Le moulin de Santeul, réparé en 1892, fut transformé en usine de serrurerie, puis en 1899 en usine de cartonnage.

Des trois moulins à eau de Montreuil S/Epte, un a été converti en scieirie mécanique de 1876 à 1885 pour le découpage des bois nécessaires à la fabrication des chaises, de 1899 à 1892 en fabrique de tire-bouchons et objets d'acier poli, puis en 1897 pour la transformation des bois pour fabriquer des galoches.
Le moulin Amiel d'Omerville fut transformé en 1852 en une fabrique de petits objets d'acier poli : tire-bouchon, crochets à boutons, tire-gants…

La roue hydraulique fut aussi utilisée pour faire fonctionner les nouvelles machines agricoles et produire de l'électricité (micro-turbines) comme à Blamécourt, Arthieul, Thémericourt, Ambleville. Après 1850, l'utilisation de nouvelles sources d'énergie, la vapeur, le gaz et l'électricité, firent disparaître ces usines implantées en milieu rural le long des cours d'eau.
L'écomusée du Beauvaisis garde un moulin industriel à Saint Félix. Entre Beauvais et Clermont se trouve le musée de la brosse à dent. Derrière cet intitulé qu paraître saugrenu se cache un bon exemple de ce qu'était une fabrique rurale des 19ème et début 20ème siècles. Il existe également à côté de Rouen dans " la petite Manchester " le moulin musée de la corderie.